Le drame remonte au 13 juin 2024 à Okondja, dans le département de la Sébé-Brikolo. Esther Diki Nzoghet aurait été prise d’un profond malaise après avoir consommé un verre de jus à son domicile. Transportée au centre médical de la ville, elle n’a pas survécu et est décédée peu après son admission.
À la suite du décès, une enquête a été ouverte par la brigade de gendarmerie locale. Les investigations ont progressivement conduit les enquêteurs vers l’entourage familial, avant de mettre en cause la fille de la victime, alors âgée de 13 ans.
Entendue dans le cadre de l’enquête, l’adolescente a reconnu avoir introduit du camphre dans le verre de jus de sa mère. Selon ses déclarations, elle souhaitait uniquement l’endormir afin de pouvoir sortir du domicile durant la nuit sans être surveillée.
La jeune fille aurait expliqué que sa mère lui reprochait régulièrement ses sorties nocturnes ainsi que sa relation amoureuse. Elle aurait alors imaginé ce stratagème pour échapper temporairement à l’autorité parentale. Mais la situation a rapidement tourné au drame après la consommation de la boisson.
Placée sous mandat de dépôt à la prison centrale de Franceville le 21 juin 2024, l’adolescente y a passé environ six mois avant de bénéficier d’une liberté provisoire.
Initialement poursuivie pour empoisonnement, elle a finalement été reconnue coupable d’homicide involontaire. La juridiction n’a pas retenu l’intention de donner la mort, notamment au regard de ses déclarations au cours de la procédure et de son jeune âge au moment des faits.
Le ministère public avait demandé au tribunal de tenir compte de circonstances atténuantes et de faire preuve de clémence. Son avocat, Me Yoni Andy Nkum’Enguie, avait également plaidé en faveur du sursis, en s’appuyant notamment sur l’article 184 du Code de l’enfant.
Au terme des débats, le tribunal de première instance de Franceville a condamné l’adolescente, le 19 août, à 12 mois de prison, dont 7 avec sursis, ainsi qu’à 3 millions de francs CFA d’amende.
Cette affaire met en lumière les conséquences dramatiques d’un conflit familial autour de l’autorité parentale, des sorties nocturnes et d’une relation amoureuse. Un geste présenté par l’adolescente comme un moyen d’échapper temporairement à la surveillance de sa mère a finalement conduit à la mort de cette dernière et à une condamnation judiciaire.

