Le Premier ministre Al Aminou Lô, nommé le 25 mai 2026, arrive au terme de ses trois premiers mois à la Primature sans avoir encore effectué sa déclaration de politique générale devant l’Assemblée nationale.
Selon l’expert parlementaire Alioune Souaré, cette situation constitue une violation des dispositions en vigueur. L’article 109 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale prévoit en effet que la déclaration de politique générale doit intervenir « au plus tard trois mois après l’entrée en fonction du Gouvernement ».
Le même texte précise que les députés doivent être informés au moins huit jours avant la date retenue pour cette déclaration. Celle-ci est ensuite suivie d’un débat et peut, à la demande du Premier ministre, être soumise à un vote de confiance.
Le règlement intérieur prévoit également, dans son article 111, la possibilité pour l’Assemblée nationale de provoquer la démission du Gouvernement à travers une motion de censure. Celle-ci doit être signée par au moins un dixième des députés.
Cette disposition alimente les interrogations dans le contexte politique actuel. Le camp présidentiel redoute-t-il une éventuelle motion de censure ? La question se pose alors que le gouvernement n’a toujours pas effectué cet exercice parlementaire.
Cette situation rappelle le précédent d’Ousmane Sonko en 2024. Alors Premier ministre, il devait également présenter sa déclaration de politique générale dans un contexte marqué par des tensions avec l’Assemblée nationale.
Sonko avait alors invoqué l’absence de mise en conformité du règlement intérieur de l’Assemblée nationale avec le rétablissement du poste de Premier ministre pour différer son passage. Sa DPG avait finalement été programmée au 13 septembre 2024.
Mais la dissolution de l’Assemblée nationale, prononcée le 12 septembre par le président Bassirou Diomaye Faye, avait finalement empêché la tenue de cette déclaration devant cette législature. La motion de censure engagée contre son gouvernement était par conséquent devenue sans objet.

