Société

Côte d'Ivoire/ Général Dem Aly Justin : les dernières heures d’un officier au service de la Nation

Gbaka Timothée ·22 août 20265 min
Côte d'Ivoire/ Général Dem Aly Justin : les dernières heures d’un officier au service de la Nation

Abidjan — La disparition brutale du Général de Division Dem Aly Justin, Chef d’État-Major Général des Armées adjoint, a profondément marqué la Côte d’Ivoire. Décédé dans la nuit du jeudi 30 au vendredi 31 juillet 2026, l’officier général venait de consacrer une ultime journée de travail à la préparation des festivités de la fête nationale, dont il assurait depuis plusieurs années la coordination militaire.

Dans un récit publié sur la plateforme numérique Histoire et Biographies, Désiré Dakoury GNAMBRO revient sur les dernières heures de celui qui a consacré une grande partie de sa vie au service de la Nation.

Une dernière journée de travail

Né le 19 janvier 1964, fils de feu Habib Dem et de Mme Marie-Lucie Loussac, épouse Dem, le Général Dem Aly Justin était le petit-fils de Tidiane Dem, ancien ministre et écrivain ayant participé au gouvernement du Président Félix Houphouët-Boigny dans les années 1960.

Selon le récit de Désiré Dakoury GNAMBRO, le Général se rend, jeudi 30 juillet, à son bureau comme à son habitude. Il participe ensuite à une cérémonie à l’Académie régionale des sciences et techniques de la mer (ARSTM), où son fils est élève-officier.

Il se rend par la suite sur le site de répétition du défilé militaire à Yopougon, dans le cadre des préparatifs de la fête nationale, dont il assurait depuis plusieurs années la coordination de l’organisation.

De retour à son bureau aux environs de 14 heures, il reçoit l’un de ses collaborateurs avec lequel il échange pendant près de deux heures. Plusieurs appels téléphoniques interrompent régulièrement leur conversation, notamment au sujet des tenues, du transport des troupes, de la participation des délégations étrangères et des autres aspects liés à l’organisation du défilé.

Son collaborateur remarque cependant des signes de fatigue chez le Général. Celui-ci se veut rassurant et envisage, après les festivités nationales, de prendre quelques jours de repos.

Vers 17 heures, le collaborateur prend congé de lui, avec pour mission d’observer la répétition prévue le lendemain à Akouédo.

Un dernier entretien avec le Chef d’État-Major Général des Armées

Toujours selon le récit publié par Désiré Dakoury GNAMBRO sur la plateforme numérique Histoire et Biographies, le Général Dem Aly transmet, vers 22 h 30, au Général d’Armée Lassina Doumbia, Chef d’État-Major Général des Armées, une proposition complète du déroulement de la cérémonie de la fête nationale.

Les deux officiers généraux échangent ensuite au téléphone pendant environ quarante minutes, jusqu’à 23 h 10. La conversation porte essentiellement sur les derniers préparatifs de la cérémonie.

Au cours de cet ultime entretien professionnel, le Général Dem Aly informe son chef qu’il doit se rendre à un rendez-vous médical aux premières heures du vendredi 31 juillet, avant de rejoindre Akouédo pour la répétition du défilé.

Les deux hommes conviennent de se retrouver après cette répétition afin de faire ensemble le point sur les préparatifs.

Rien, dans cet échange, ne laisse alors présager qu’il s’agit de leur dernier entretien.

Une dernière soirée consacrée au devoir

Après 23 heures, le Général Dem Aly quitte son bureau au volant de son véhicule en direction de son domicile, à Bingerville, dans le secteur de Gbagba-Péchoux.

Avant son départ, il remet, selon le récit rapporté par Désiré Dakoury GNAMBRO, une somme de 30 000 francs CFA au personnel de son secrétariat afin qu’il puisse aller partager un repas.

Une fois à son domicile, le Général est victime d’un malaise au cours de la nuit.

Il est rapidement conduit dans une clinique de Marcory où il est admis aux urgences avant d’être transféré en réanimation. Sa sœur aînée, Dr Anne-Marie Dem, ainsi que plusieurs responsables et médecins militaires sont à ses côtés.

Les médecins tentent de le sauver tandis que ses proches et collaborateurs attendent dans l’inquiétude.

« Les jeunes, le Général est parti »

Informé de la situation, le Général d’Armée Lassina Doumbia se rend à la clinique. Après avoir reçu les médecins, il apprend le décès de son adjoint.

De retour auprès du personnel militaire présent, il leur annonce, selon le récit de Désiré Dakoury GNAMBRO : « Les jeunes, le Général est parti. »

La nouvelle provoque une vive émotion parmi les collaborateurs du défunt.

Le Chef d’État-Major Général des Armées se rend ensuite au domicile familial à Marcory. La mère du Général Dem Aly, âgée de 90 ans, est alors absente, retenue à l’église.

Avant de repartir, le Général Doumbia donne des instructions afin que l’annonce de la disparition soit faite avec les précautions nécessaires.

À 6 h 30, la confirmation de la disparition du Général Dem Aly Justin parvient à ses proches.

« Je perds un père, un mentor, un repère »

Dans son récit, Désiré Dakoury GNAMBRO rapporte également plusieurs témoignages d’officiers ayant côtoyé le Général Dem Aly Justin.

Le Colonel Goué Blepou Jean-Franck Hilaire, Chef de la Division Emploi Stages, qui l’avait rencontré dans son bureau quelques heures avant sa disparition, salue notamment son humilité, sa disponibilité et son attachement au travail bien fait.

« Un homme agréable à vivre, d’une humilité à nulle autre pareille, affable, débonnaire. Un travailleur infatigable et surtout soucieux du travail bien fait… Depuis plus de dix ans, les fêtes nationales portent sa marque. Je perds un père, un mentor, un repère… Je suis dévasté », témoigne-t-il.

Le Chef de Bataillon Otchelio Hugues Jocelyn évoque, pour sa part, un dernier échange téléphonique avec le Général Dem Aly au sujet des préparatifs d’un match de football organisé dans le cadre de la fête nationale.

« J’entends encore sa voix chaude… », confie-t-il.

Le sommet de l’État aux côtés de la famille

Le samedi 1er août, le Vice-Premier ministre, ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, accompagné du Général d’Armée Lassina Doumbia, s’est rendu au domicile familial à Marcory.

La délégation a transmis à la mère du Général Dem Aly et à l’ensemble de sa famille la compassion du Président de la République, Alassane Ouattara, ainsi que celle du Gouvernement.

Cette présence du sommet de l’État et du haut commandement militaire a traduit le soutien de la Nation à la famille endeuillée et la reconnaissance de la République envers un officier dont la carrière aura été consacrée au service de la Côte d’Ivoire.

Un dernier rendez-vous avec l’Histoire

Ainsi, selon le récit de Désiré Dakoury GNAMBRO, publié sur la plateforme numérique Histoire et Biographies, le Général Dem Aly Justin aura consacré ses dernières heures à une mission qu’il accomplissait avec rigueur : la préparation de la fête nationale.

Il aura quitté son bureau quelques heures seulement avant de s’éteindre, après une journée de travail devenue, avec le recul, la dernière journée d’une vie dédiée au service de la Nation.

La Côte d’Ivoire perd un officier général, mais aussi, à en croire les témoignages rapportés, un chef, un mentor et un homme profondément attaché à ses collaborateurs.

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