Culture

AU SECOURS, NOS RACINES NOUS GLISSENT ENTRE LES DOIGTS : le mal silencieux d’une génération en perte de repères…

L'Oratrice de Q U A L I T É ·26 août 20262 min
AU SECOURS, NOS RACINES NOUS GLISSENT ENTRE LES DOIGTS : le mal silencieux d’une génération en perte de repères…

Je suis métisse du point de vue ethnique. Mon père est Dida et ma mère est Sénoufo. Quel avantage n’est-ce pas ? Cependant, je ne sais même parler aucune des deux. A chaque fois qu’on me demandait ma langue, je répondais que j’étais FRANCAISE, mdr… tout comme moi, de nombreuses personnes dans cette génération et celle qui est entrain d’arriver ne parlent aucune langue maternelle ou paternelle. On en rigole mais j’ai réfléchi sur la question et voilà mon analyse…

L’agence nationale des statistiques a publié le 12 Mars 2026 des données sur la répartition de la population en fonction des langues les plus parlées. Des chiffres qui montrent que toute la zone urbaine est dominée en majorité par le Baoulé, le Sénoufo, le Dioula. Selon mes recherchent j’ai compris qu’elles dominent parce que le poids politique, le commerce et l’exode rural ont joué un grand rôle. Donc grâce à ces réalités, on a des langues qui pourraient perdurer dans le temps.

Nos langues ne sont pas pauvres, c’est une erreur linguistique. Mais nous avons un véritable problème de transmissions de notre héritage. Aujourd’hui, des langues comme l'allemand, l'espagnol nous sont imposées à l’école. Et l'anglais quant à lui, est enseigné depuis la classe de 6e, souvent même depuis le primaire. Ne parlons même pas du milieu professionnel, c’est souvent critère de choix du candidat par moment. L’éducation qui est en train de s’évaporer dans la géographie ivoirienne vient avec son lot de langues étrangères. Le japonais, le coréen commencent aussi à gagner du terrain.

Le problème n'est pas les langues qu'on étudie mais plutôt le fait qu'on accepte de se dépouiller des nôtres, le fait qu’on se consacre entièrement à approfondir nos connaissances sur les valeurs, les connaissances véritables des autres, pire, l’attachement qui se fait quand on les étudie. Ce phénomène est appelé l’ATTRITION DES LANGUES. On vit, on pense, parle comme eux, pire, on adopte même leurs prénoms.

Cependant, dans 15, 20 ou 30 ans, que sera l’avenir de nos langues maternelles ? comment sera définit l’africain ? Quels sont les projets qui sont mis en place pour conserver le peu qui nous reste ? ne parlerons-nous pas de l’africain en fonction uniquement de son nom ?

C’est une réalité progressiste qui si nous ne prenons garde risque de nous surprendre. Si nous ne prenons pas garde, nous risquons de se réveiller un matin en oubliant qui nous sommes réellement. Si aucune politique publique de préservation n’est mise en place, si aucun réveil parental ou ancestral n’est fait, on risque de se réveiller amnésique.

Je rappelle que je suis originaire de cultures différentes dont je ne comprends rien. Alors que pourrais-je transmettre à ma descendance ? cette situation me hante l’esprit et je vous laisse réfléchir sur la question…

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