Une affaire pour le moins troublante éclabousse la Direction des Examens et Concours, la DEC. Elle concerne l’organisation du Certificat d’Études Primaires, session 2026.
Selon les informations recueillies, un système de rançonnement présumé aurait été mis en place autour de la désignation des superviseurs du CEP. Le mécanisme serait bien organisé. Pour proposer les superviseurs devant participer à l’examen, les chefs de service de la Direction des Examens et Concours s’entendraient pour proposer chacun cinq personnes. Ces personnes peuvent être des enseignants, mais pas nécessairement.
A la fin de la mission, chaque superviseur devrait percevoir une somme de 200 mille francs CFA. Mais, selon les mêmes informations, les chefs de service prélèveraient jusqu’à 160 mille francs CFA sur la somme revenant à chaque superviseur. Si ces faits étaient confirmés, le système représenterait un important prélèvement sur les indemnités des agents mobilisés pour l’examen.
Plus troublant encore, cette pratique ne serait pas nouvelle. Il est allégué qu’elle aurait cours depuis plusieurs années, sans véritable dénonciation, les personnes concernées craignant des représailles. Certains agents auraient ainsi été dissuadés de parler sous la menace de sanctions ou d’affectations punitives.
Pour la session 2026, la situation aurait toutefois pris une nouvelle tournure. Certains superviseurs désignés auraient refusé de se soumettre à ce système présumé. En réaction, ils feraient l’objet de pressions et de menaces. Des menaces d’affectation dans d’autres localités seraient notamment évoquées, ainsi que d’autres formes de représailles.
Le chef service secrétariat de la Direction des Examens et Concours est présenté, selon les informations recueillies, comme le cerveau présumé de cette opération. Une enquête a été ouverte afin de faire toute la lumière sur ces accusations et d’établir les responsabilités.
Au terme des premières investigations, huit personnes ont été interpellées et présentées au procureur. À l’issue de la procédure, une personne a été placée sous mandat de dépôt, tandis que les sept autres ont été libérées sous convocation.
L’enquête devra désormais permettre de déterminer les circonstances exactes des faits, l’ampleur du système présumé et les responsabilités éventuelles de chaque personne mise en cause.
Cette affaire soulève de sérieuses interrogations sur les conditions de gestion des missions de supervision du CEP, session 2026. Si les faits sont établis, ils pourraient mettre en lumière un système qui aurait fonctionné pendant plusieurs années dans le silence et la crainte de représailles.
Nous y reviendrons dans nos prochaines éditions avec davantage de détails.
Damien SOHE

