Slava au cœur d’une polémique autour du « blackface » au Gabon

Voyage culturel ·26 août 20262 min
Slava au cœur d’une polémique autour du « blackface » au Gabon

Une séquence devenue virale sur les réseaux sociaux a suscité une vive polémique autour de Slava, une jeune Ukrainienne connue pour son intérêt marqué pour la culture gabonaise.

La jeune femme, qui s’est notamment illustrée à travers des trends consacrés à plusieurs artistes gabonais, dont l’artiste-compositeur Le Secousse, s’est retrouvée au centre d’un débat sur le racisme et l’appropriation des codes culturels.

À l’occasion d’une sortie de danse avec un groupe gabonais habitué à se produire avec le visage peint en noir, Slava s’est prêtée au jeu et a adopté, elle aussi, ce maquillage. Une initiative qui n’a pas tardé à provoquer de nombreuses réactions sur la Toile.

Dans les commentaires et publications, plusieurs internautes ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une pratique de « blackface », terme désignant le fait, notamment pour une personne blanche, de se maquiller le visage afin de représenter une personne noire. Le geste a ainsi été perçu par certains comme une manifestation à caractère raciste, donnant lieu à une véritable levée de boucliers sur les réseaux sociaux.

Le terme « blackface », jusque-là peu connu d’une partie du public gabonais, s’est rapidement imposé dans les discussions. Entre indignation, incompréhension et prises de position, la polémique a largement dépassé le cadre de la simple prestation artistique.

Pour autant, un autre courant d’opinion appelle à relativiser. Certains internautes estiment qu’il ne faut pas « tout prendre au premier degré », rappelant que la peinture du visage s’inscrivait, selon eux, dans le cadre d’un déguisement et d’un tournage artistique, sans intention raciste revendiquée.

Au-delà de la polémique autour de Slava, cette affaire soulève surtout une question plus profonde : où se situe la frontière entre expression artistique, participation à une pratique culturelle et blackface ?

Si certains y voient une simple mise en scène destinée à accompagner un spectacle ou un tournage, d’autres considèrent que le fait qu’une personne blanche se peigne le visage en noir reste problématique, indépendamment de l’intention.

Cette controverse aura au moins eu le mérite de faire émerger au Gabon un débat jusque-là peu présent dans l’espace public autour du blackface, de ses origines, de sa portée symbolique et de la perception que peuvent en avoir les communautés concernées. Entre défense de la liberté artistique et dénonciation d’un geste jugé offensant, la polémique autour de Slava continue ainsi d’alimenter les discussions sur les réseaux sociaux.

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