Les anciens nous l’ont toujours répété à l’ombre du baobab : « Le séjour du morceau de bois dans l'eau n'en fera jamais un crocodile. » Vingt-quatre mois. Deux ans de calendrier bien comptés. C’est le temps qu'il aura passé à méditer dans les couloirs de la fraîcheur pénitentiaire. Pour la justice, il portait le grand boubou de l'insaisissable « Frère Hounvi », ce chroniqueur virtuel qui distribuait les piments de la vérité sur les réseaux sociaux. Pour lui-même, il n’était qu’un homme face à son destin. Et le voilà dehors, respirant l’air pur du matin sans demander la permission au gardien.
« Je suis en bonne santé, ça fait plaisir. C’est une grâce », a-t-il murmuré à sa sortie. Quelle sagesse, mes frères ! « Quand le rescapé d'un naufrage te dit que l'eau est mouillée, il ne faut pas lui demander ses sources. » Être libre et bien portant après deux ans de tempête, ce n'est pas de la chance, c'est un miracle que même le plus savant des féticheurs ne peut fabriquer dans sa marmite. Pendant que certains comptaient les jours, lui comptait ses forces.
Rappelez-vous, l’histoire avait commencé comme un mauvais film de minuit dans les rues de Lomé. Une arrestation si mystérieuse que même les moustiques du Togo en ont perdu leur latin. Puis, le tribunal de la CRIET est passé par là, avec ses gros dossiers et ses articles de loi bien aiguisés pour « injure politique » et « fausses nouvelles ». Mais comme dit le proverbe de chez nous : « Le mensonge a beau courir pendant cent ans, la vérité le rattrape en un seul jour. » La peine a été purgée, le rideau est tombé.
Aujourd'hui, le feuilleton politico-judiciaire qui tenait tout le pays en haleine s'achève. Les micros sont rangés, les juges sont rentrés, et le chroniqueur marche à nouveau sur la terre de ses ancêtres. Que cette libération serve de leçon aux bavards et aux puissants : « La cage peut être en or, mais l'oiseau préférera toujours la liberté de la brousse. » Méditez là-dessus, et que la paix soit avec vous jusqu'au prochain culte.
Prophète Malachie

