L'orpaillage illégal continue de gangrener plusieurs régions de la Côte d'Ivoire, et le Moronou reste l'une des zones les plus touchées par ce fléau. Le Groupement Spécial de Lutte contre l'Orpaillage Illégal (GS-LOI) y multiplie les opérations depuis plusieurs mois, avec des résultats significatifs mais qui peinent à enrayer durablement le phénomène.
Une traque qui s'intensifie
Le 19 août dernier, le GS-LOI a mené des opérations simultanées dans neuf régions du pays, dont le Moronou, permettant l'interpellation de sept personnes — trois Ivoiriens et quatre Burkinabè — ainsi que la saisie de près de 2 millions de FCFA en numéraire, huit kilogrammes de minerais et plusieurs dizaines de motopompes.
Sur la période plus large du 1er janvier au 31 juillet 2026, la gendarmerie nationale a procédé au déguerpissement de 1 114 sites d'orpaillage illégal à travers 953 opérations, avec 1 531 personnes interpellées et plus de 4,4 kg d'or saisis — un chiffre qui donne la mesure de l'ampleur du phénomène.
Un système de racket qui gangrène la lutte elle-même
Une enquête récente menée dans les régions du N'Zi et du Moronou révèle une réalité plus troublante encore : malgré les opérations répétées de déguerpissement, certains acteurs chargés de combattre l'orpaillage clandestin auraient eux-mêmes transformé la répression en source de revenus, à travers une tarification clandestine permettant à certaines exploitations illégales de continuer à fonctionner.
La résistance citoyenne s'organise
Face à l'inefficacité relative de la seule répression, plusieurs communautés locales prennent les devants. Dans le Moronou, le village d'Andé a par exemple empêché l'installation de sites d'orpaillage illégal sur son propre territoire, une dynamique de résistance citoyenne encouragée par le ministère des Mines à travers un travail de sensibilisation avec les autorités coutumières.

