Politique

Sénégal - DPG: le Premier ministre Al Aminou Lo attendu au tournant

Xibaaruhlm·26 août 20263 min
Sénégal - DPG: le Premier ministre Al Aminou Lo attendu au tournant

Nommé le 25 mai dernier, l'ancien Secrétaire général du Gouvernement et ex-ministre d'État chargé du suivi de l'Agenda « Sénégal 2050 » présentera, lors d'une séance plénière, la feuille de route de son équipe pour les mois à venir.

Trois mois après sa nomination à la Primature, Ahmadou Al Aminou Lô se prête, le 1er septembre 2026, au grand oral institutionnel de la Déclaration de politique générale (DPG). Un exercice à haut risque pour ce technocrate encore peu rompu à l’arène parlementaire, face à une Assemblée nationale où Pastef dispose de tous les leviers pour transformer l’audition en épreuve politique.

Nommé le 25 mai dernier, l’ancien Secrétaire général du Gouvernement et ex-ministre d’État chargé du suivi de l’Agenda « Sénégal 2050 » présentera, lors d’une séance plénière, la feuille de route de son équipe pour les mois à venir. Contrairement à une idée reçue, la DPG n’est pas un bilan de l’action gouvernementale : elle expose les orientations, priorités et actions que le gouvernement entend engager à court et moyen terme, avant un débat qui peut, à la demande du Premier ministre, déboucher sur un vote de confiance conformément à la Constitution. Le discours devrait s’articuler autour des quatre axes du référentiel Sénégal 2050, avec un accent particulier mis sur les objectifs fixés à l’horizon 2029.

Derrière le discours d’une petite heure attendu à la tribune se cache un travail interministériel de grande ampleur, piloté par le Secrétariat général du gouvernement sous la houlette de Papa Assane Touré. Chaque département ministériel a dû produire sa contribution à partir de son plan d’action sectoriel, avant que ces éléments ne soient synthétisés et harmonisés pour nourrir à la fois le texte du discours et des fiches sectorielles détaillées, destinées à armer le Premier ministre face aux questions précises des députés. L’objectif : qu’Al Aminou Lô ne soit jamais pris en défaut de chiffres, quel que soit le sujet abordé lors du débat.

Face à une assemblée qui ne donne rien, la motion de censure à prévoir

Le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a lui-même entretenu la pression : lors d’un meeting à Touba, il a averti le Premier ministre en brandissant la menace d’une motion de censure, rappelant que Pastef, fort de sa large majorité parlementaire, conserve cette arme constitutionnelle à sa disposition si la situation l’exige.

Sur le plan de la procédure, une motion de censure doit être signée par au moins un dixième des députés pour être recevable ; une fois déposée, la Conférence des présidents fixe la date des débats, qui doit intervenir au plus tard le troisième jour de séance suivant le délai constitutionnel de deux jours. Un mécanisme que le prédécesseur d’Al Aminou Lô à la Primature, Ousmane Sonko, avait pris soin d’éviter en 2024 en refusant de se présenter devant une Assemblée alors dominée par l’opposition — un précédent qui donne, avec le recul, une saveur particulière au retournement de situation actuel.

C’est là tout l’enjeu de ce rendez-vous pour Al Aminou Lô : économiste, ancien haut cadre de la BCEAO il incarne un profil résolument technocratique, loin des joutes oratoires qui ont fait la réputation de son prédécesseur.

Ce grand oral parlementaire constituera son premier véritable moment de vérité, où il devra expliquer comment il compte traduire les orientations présidentielles en politiques publiques concrètes, sur des sujets aussi sensibles que l’emploi, le coût de la vie, le pouvoir d’achat, l’éducation, la santé ou la rigueur budgétaire — tout en tenant, dans le même temps, une Assemblée où le rapport de forces ne lui est pas favorable.

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